Une licence d’exploitation signée avec Freiberg Instruments
11 juillet 2018
Une licence vient d’être signée entre la SATT et Freiberg Instruments pour la commercialisation du micro-spectrofluorimètre portable à LED. En effet, en 2017, la SATT a confié le développement commercial à cette société allemande, qui en collaboration avec l’équipe de chercheurs inventeurs, a conçu un nouveau prototype.
Rappelons que le micro-spectrofluorimètre portable à LED ou "LEDµSF" a vu le jour dans le cadre de deux projets de recherche soutenus par le LabEx LaScArBx et la Région Nouvelle-Aquitaine (projets HYPERSPEC et ENLUMINURES). Inventé par Aurélie Mounier et Floréal Daniel (IRAMAT-CRP2A) et Sylvain Lazare, (Institut des Sciences Moléculaires de Bordeaux), un brevet avait été déposé à l’INPI avec le concours d’Aquitaine Science Transfert (SATT Aquitaine) en 2014. En décembre 2015, la protection de cette invention était étendue à l’international. En juillet 2015, un premier prototype industriel avait été fabriqué par une société française locale : Erma Electronique.
Cet appareil, conçu pour l’analyse non-invasive des œuvres du patrimoine culturel, exploite les propriétés de la fluorescence des matériaux de la peinture (nature des pigments, traces de couleurs disparues ou zones de repeints) sous lumière ultraviolette. Les instruments qui préexistaient à cette invention nécessitaient des prélèvements de matériaux pour être étudiés en laboratoire. Le LEDµSF permet l’analyse de liants et de pigments in situ sur peintures murales par exemple, mais il peut aussi être modifié et adapté à d’autres applications. En effet, si l’invention trouve naturellement des applications dans les domaines de l’art, pour l’identification des pigments et des liants, et de la conservation pour l’étude des altérations des matériaux, elle trouve aussi des applications dans les domaines de la physico-chimie des poudres, des textiles, des fibres. D’ores et déjà, des entreprises s’intéressent à cet équipement portatif qui présente un potentiel dans d’autres domaines, notamment celui de l’agroalimentaire.
Le nouveau prototype, plus petit, plus léger, est amélioré par rapport au premier (deux sources excitatrices (LED) pour la première version contre une palette beaucoup plus large pour le second, ce qui permet d’élargir la gamme de matériaux analysés et ainsi diversifier les champs d’application).

Ce nouveau système permet à la fois de mesurer et enregistrer les spectres de réflectance grâce à une LED blanche, et les spectres d’émission de fluorescence à travers une dizaine de modules interchangeables. Le système est léger (800 g), de faibles dimensions (17 x 8 x 4 cm) et est doté d’un écran tactile permettant de sélectionner la LED, d’ajuster la distance de travail et le temps d’analyse, d’enregistrer les spectres de réflectance, de fluorescence, le blanc pour la calibration et le bruit de fond. La puissance des LED est réglable ce qui permet de garantir l’innocuité de la méthode à l’égard des œuvres d’art étudiées.
Le LEDµSF a déjà permis à l’équipe de recherche de l’IRAMAT-CRP2A, une étude sur des colorants organiques des estampes japonaises dans le cadre du projet INDIGO.